jeudi 24 décembre 2015

Ce qui est juste et nécessaire - Conte




Robin des Pouorcs avait trépassé depuis fort longtemps. Porméo, lui, n’était pas mort, contrairement à ce qu’écrivit Shakesporc récemment, et Truiliette non plus; ils ne se voyaient plus, point c’est tout. Et Porméo, oscillant, à la lecture de la presse à gros tirages, entre des pleurs de rire et des pleurs de pitié, survivait tant bien que mal, face à un système de “vie” biocide qui n’en finissait pas de taper dans le mur.

Combien de fois n’avait-il, avec des évadés des Caillebotis-sur-Lisier, refait le monde chez Dédé, autour d’un bon pichet d’eau sans pesticides ni sulfites ni plastique, d’un goût unique! S’étaient-ils moqués du martèlement publicitaire qui trompait le peuple des cavernes quant à la façon d’obtenir les produits que celui-ci consommait!
La permaculture avait procuré à Porméo joie et abondance. Mais maintenant, les aléas climatiques, leur violence, étaient devenus tels que tout était plus difficile. Le premier ministre, se donnant l’air de différer franchement de tous ses prédécesseurs, s’obstinait pourtant à ne changer de cap, quand même il n’était plus possible de trouver de nouveaux débouchés aux productions industrielles en Chine, en Inde et en Afrique, tant le monde était repu, ou alors insolvable et le ventre désespérément creux…
La “nouvelle” solution voulue par la CMOA, le syndicat tout puissant des deux derniers éleveurs du pays, consistait à accroître les peuplements de la Lune et de Mars, et y exporter la surproduction à coups de subventions. Nombre d’économistes se relayaient dans les médias de masse afin de prouver que la croissance reviendrait: cette fois, les contribuables obligés sauveraient pour de bon les éleveurs de la patrie!
Hier, ceux-ci avaient déversé sur la chaussée des milliers de porcs qui étaient morts de chaud dans leurs usines “familiales” et “locales” sous “signes de qualité”. Cet acte de stupide colère faisait aujourd’hui la une de La Toile, journal réputé de “gauche” et “critique” du pouvoir. Porméo riait à gorge déployée devant tant de connerie; puis il avait honte, comme d’avoir ri qu’on se moquât du monde.
La presse spécialisée, telle Le MAG du BON ÉLEVEUR PORCIN, littéralement, l’écœurait. Il constatait que la vie des truies n’avait de cesse d’être plus diabolique et raccourcie au nom des sacro-saintes règles de la productivité et de la compétitivité, dont l’application polluait et endettait l’humanité sous le couvert du respect de la loi.
Depuis un mois, Porméo abritait une Caillebotesse évadée de cage. Il savait qu’il encourait, à cause de cela, une condamnation pour “délit de solidarité”. Qu’à cela ne tienne! Jésus n’avait-il prêché de s’aimer les uns les autres?! Rien n’était plus juste et nécessaire que cela!

Note de l’éditeur


Robin des Pouorcs, dont il est brièvement question au début de ce récit, était un hors-la-loi célèbre en son temps, qui s’ingéniait à sauver des Caillebotesses et Cailleboteux de l’enfer industriel. Un système de production intensif dont Robin représentait d’ignobles aspects, vus de l’intérieur pour l’essentiel, dans un conte théâtral, Les Douze Petits Cochons. Robin offrait en outre, à qui voulait, la parodie de La Montagne neuve de Monteyronnais, afin de démontrer l’absurdité du système, cette fois d’un point de vue essentiellement extérieur.

dimanche 16 août 2015

Surproduction porcine: l’impôt finance LA CRISE SANS FIN

On ne reviendra pas ici en détail sur l’étrange subvention à la surproduction porcine qui dure depuis des années.

Sur ce, pourquoi payer plus cher la production des Caillebotis-sur-Lisier, qui demeure surabondante aux frais des contribuables? Il est juste logique qu’une COOPÉRATIVE de producteurs, la Cooperl, refuse de leur acheter le porc à moins bas prix, soit 1,40 euro le kilo de minerai — pardon, le kilo de viande de feu un vivant doué anonymement de sensibilité. Simplement parce que la Cooperl, dit-elle, n’a “pas vocation à financer un cours politique, pour tenir la tête hors de l’eau à une partie de la production française” [1]. Quoique l’impôt ait financé la Cooperl (135.000€ de-ci, 650.000€ de-là…) [2]. L’impôt sert surtout à mettre dans l’eau la tête de cette même partie de la production française. Encore que “la tête” soit un raccourci trop aimable, vu que des producteurs, moins nombreux chaque année, continuent d’aller dans le mur: c’est, pense-t-on, qu’il n’y a guère de chef pour leur éviter l’impact, et aux animaux une exploitation toujours plus industrialisée, autant dire une maltraitance qui ne fut jamais pire, quoiqu’elle s’accomplisse aujourd’hui sous le couvert de normes. Voyez donc Une “vie” de cochon.

Or quelle est la nouvelle option afin de continuer à projeter les surproducteurs contre le mur de LA CRISE SANS FIN?

L’option nouvelle, la voici. Elle est proposée par de “grands groupes de production” incitant, en Espagne, à “la transformation des installations de naissage-engraissement en sites de production de porcelets”. Entendez: des surproducteurs sont incités à se spécialiser davantage. À en croire, du moins, Antonio Tavares. Il préside le groupe de travail “viande porcine” du COPA-COGECA [3]. À ce titre, il est censé connaître de quoi il parle. Selon lui, un “élevage de 1.000 truies” naisseur-engraisseur, se spécialisant dans la production de porcelets, “peut recevoir 2.000 truies sans investissement dans le bâtiment et donc” sans avoir besoin de solliciter une autorisation d’agrandissement.

Mais qui, dès lors, engraisse les porcelets? Ceux-ci sont confiés à des agriculteurs, signant, nous dit Antonio Tavares, “des contrats d’intégration qui leur permettent d’investir dans des bâtiments.”

Et qui finance? “3.000 places d’engraissement coûtent 600.000€; LE PLAN DE DÉVELOPPEMENT RURAL permet d’espérer jusqu’à 50% de SUBVENTION, voire 60% pour les jeunes, dans les zones défavorisées”, poursuit Antonio Tavares.

Puis qu’obtenons-nous, ainsi, à la campagne? “3.000 places permettent d’engraisser 9.000 porcs/an, payés 10€/porc selon les termes du contrat”. Soit, de nouvelles usines d’animaux, où l’ouvrier y reçoit la matière animale, l’aliment, le mode d’emploi… Fichtre, quel dépérissement — en guise de développement rural — du savoir-faire AGRIcole!!

Cela n’empêche Antonio Tavares de considérer: ce “système est très simple et très efficace, il rassure les financiers. C’est sur ce modèle particulièrement rentable que l’Espagne a augmenté sa production et sa compétitivité.” [4]

Ouf! la belle affaire lorsqu’on a, grâce aux contribuables, la tête hors de l’eau! (des surproducteurs espagnols ayant, souvenons-nous, cette année encore, fortement sollicité des aides au stockage privé de la viande). Surproduire toujours plus, financé par l’impôt, revient donc à devoir exporter davantage, c’est-à-dire à aggraver au passage l’écart concurrentiel entre, par exemple, des surproductions françaises et des surproductions espagnoles.

Cela s’accomplit au nom même du libéralisme (c’est-à-dire de la LIBERTÉ d’entreprendre opposée à l’INTERVENTION de l’État), bien que soit sous-jacent l’exact contraire: la réduction de la liberté d’entreprendre (différemment au sein du processus d’accroissement de la surproduction industrielle), et la collectivisation des pertes (de marchés) et des coûts collatéraux (environnementaux, sociaux, et sanitaires).

Bref, très simplement et très efficacement, pour le profit de financiers, l’impôt finance LA CRISE SANS FIN. On n’a pas fini de nous pousser à manger du porc espagnol français industriel.


Références

[1] Le Monde, Une "table ronde" pour éviter une nouvelle crise dans la filière porcine, août 2015.

[2] Le Télégramme, Subventions. 135.000 EUR du Conseil régional pour la COOPERL Arc Atlantique, juin 2013. Et Libération, Les écologistes votent contre une subvention à la Cooperl, juillet 2010.

[3] Comité des organisations professionnelles agricoles, et comité général de la coopération agricole, au sein de l’Union européenne.

[4] PORC magazine, juillet-août 2015, n° 500, “En débat à l’assemblée générale de Prestor – Quelles perspectives pour le porc breton en Europe?”, pages 32 et 33.

lundi 13 juillet 2015

Le porc, pourquoi pas de MONTAGNE?

Connaissez-vous une industrie qui veuille pérenniser mais ne montrer son outil de travail aux consommateurs? son caillebotis sur du lisier, par exemple, sur lequel sont concentrés des milliers de porcs? non? Et connaissez-vous des garants de l’opacité, voulue par cette industrie? soit l’État, et la Commission européenne? non plus? Vous ignorez donc comment vous est vendu, en apparence, non de la viande de porc de caillebotis, mais du “porc de montagne”? Alors, s’il vous en dit d’être moins dupe à l’avenir, lisez cet article. (Nota bene: les cas exposés dans cet article sont présentés de façon anonyme, parce qu’il s’agit de dénoncer, non des exploitants pris dans un système, mais la tromperie du public développée par ce système.)


Si des industriels porcins abusent de masques, par exemple du mot montagne et de ce qu’il évoque au consommateur non averti, c’est qu’ils en ont le droit. Des portions d’un territoire départemental, en effet, malgré leur altitude inférieure à 700 mètres, sans une rudesse du climat qui raccourcirait la période de végétation, et sans une forte pente qui empêcherait ou rendrait plus onéreuse la mécanisation, furent pourtant classées par l’État comme des «zones défavorisées de montagne», ce qui ouvrit aux agro-industriels “montagnards” un droit à des aides financières beaucoup plus importantes, et une possibilité de vendre le produit comme venant de la montagne.

Nous avions d’abord découvert que des abattoirs jouissaient abusivement d’un classement en «zone de montagne». Tels, l’abattoir au chef-lieu d’un canton, à environ 179 mètres d’altitude; ou celui près le chef-lieu d’un département, à environ 537 mètres d’altitude. Abusivement, car, dans ces locaux industriels, il n’y a pas davantage de climat montagnard que de forte pente qui y rendraient difficile l’abattage des animaux.

Aussi, nous nous doutions que tel abattoir, prétendument montagnard, était alimenté en porcs de caillebotis, bien que ces caillebotis ne fussent, non plus, montagnards. Or nous n’avions aucune preuve formelle que du caillebotis, installé dans tel département — et ne différant guère du caillebotis d’un autre département — pouvait être considéré comme un terroir montagnard. La toute première preuve nous fut apportée par la demande d’autorisation d’un producteur, pour l’extension de sa porcherie industrielle: il indiquait expressément produire tous ses porcs sur du caillebotis, duquel les porcs n’étaient destinés à sortir que pour être abattus, après quoi une partie serait commercialisée en tant que «porc de montagne». Un service de l’État, dit autorité environnementale, ayant pourtant relevé qu’il s’agissait de «caillebotis intégral en béton», ne se formalisait pas que le béton pût être vendu en tant que terroir montagnard. Alors nous pûmes déduire que si l’autorité ne se formalisait pas de l’amalgame, c’est qu’il était tellement habituel qu’il n’était pas question, pour l’autorité, de remarquer l’abus… que tout un chacun devrait deviner sans problème?


La majeure partie de l’alimentation des porcs de caillebotis, non plus, n’a d’origine montagnarde. Il suffit de lire, dans des dossiers de demande d’autorisation, de quelle chimie les porcs de caillebotis sont précisément nourris; de lire entre les lignes, dans telle question posée à la Commission européenne, l’opposition d’industriels porcins à ce que l’alimentation des porcs de caillebotis “montagnards” provienne au moins à moitié de la montagne: parce qu’il serait simplement impossible que le sol montagnard, le vrai quand même additionné du faux, produise ne serait-ce que la moitié de l’alimentation nécessaire aux producteurs intensifs de porcs sur caillebotis. La supercherie était menacée. Mais la menace tomba vite. Le commissaire européen Dacian Cioloș proposa d’abaisser à 25% la part de l’alimentation qui viendrait effectivement de la montagne, dans le but, devenu si flou! d’informer le consommateur de la caractéristique prétendument montagnarde du produit soi-disant montagnard. Des industriels avaient fixé les moyens de l’exploitation, et veillaient à ce que personne ne contrariât leur «valorisation».

Voilà donc comment du porc de caillebotis est devenu du «porc de montagne». C’est-à-dire, voilà comment des concentrations industrielles, la destruction, par centaines de milliers, d’emplois d’éleveurs qu’ont causé depuis plus de quatre décennies, en France, ces concentrations sans fin de porcs enfermés au-dessus de leurs excréments, leur impact délétère sur la santé des animaux, sur l’environnement, la santé humaine et les finances publiques, ont été masqués joliment au chaland, entre autres par le mot publicitaire montagne et ce qu’il évoque, avec la permission de l’État et la complaisance de l’Union européenne.

Il faudrait n’avoir de cesse de remarquer qu’une telle opacité ne sert les mieux-faisants qualitativement, par exemple l’éleveur donnant vraiment à ses porcs une vie en plein air. Qu’une telle opacité française peut ruiner des savoir-faire familiaux étrangers, où de la matière porcine produite intensivement en France est exportée. Car les mots inappropriés de la mercatique, en nous permettant d’imaginer que lorsque nous achetons les productions animales de masse que ces mots recouvrent, nous favorisons ce qu’ils évoquent, peuvent nous faire ruiner précisément ce qu’ils évoquent, comme l’élevage familial mieux-faisant, près de chez soi.

Les consommateurs ont-ils le choix? Jocelyne Porcher remarquait en 2009 que «ni les consommateurs ni les animaux ne disent merci aux travailleurs des porcheries, bien au contraire. […] Les consommateurs n’ont clairement pas le choix. La consommation ne peut donc être perçue par les éleveurs comme un acte concret de reconnaissance du travail, comme cela peut être le cas pour des éleveurs bio.»* Mais si nous tombions les masques? Car, aussi absurdes que soient les masques d’industriels porcins pour l’intérêt général, il nous appartient de contribuer à ce déplorable carnaval, ou NON. Les masques tiennent, tant que nous le voulons bien.




SOURCES

– Témoignages d’élus, ainsi que de personnels de l’État.
– Dossiers de demande, au préfet, d’autorisation d’accroissement de production sur caillebotis.
– Avis d’autorité environnementale.
– Association nationale des élus de montagne (ANEM), ainsi que Légifrance, quant au classement «zone de montagne».
– Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), quant aux altitudes et aux pentes.


RÉFÉRENCE

* Jocelyne Porcher, «Le challenge des Cochons d’Or. Un pilier défensif et un maître étalon de la filière porcine industrielle», Économie rurale, 313-314, septembre-décembre 2009, mis en ligne le 5 décembre 2011.


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lundi 29 juin 2015

Le masque LOCAL de l’industriel porcin

D’aucuns emploient des mots qui ont beau ne refléter une réalité, ces mots ont l’intérêt de la rendre acceptable voire louable auprès d’interlocuteurs crédules, ou qui acceptent de suivre la règle du jeu de la mercatique. Des mots tels qu’éleveur, local et proximité. Nous allons exposer ce que ces mots ne veulent pas dire. (Nota bene: le cas exposé dans cet article est présenté de façon anonyme, parce qu’il s’agit de dénoncer, non des exploitants pris dans un système, mais la tromperie du public développée par ce système.)


«La Région […] ne compte désormais plus que 600 éleveurs de porcs qui ne parviennent à produire que la moitié des besoins des transformateurs locaux […]. Cette situation de déficit par manque de production de proximité conduit à fragiliser toute la filière porcine régionale»

Voilà des propos d’un avocat, évoquant assez confusément le nombre amoindri:

— de producteurs industriels de matière porcine, dont est un GAEC (groupement agricole d’exploitation en commun, avec ses deux sites de production distants, leurs milliers annuels de porcs de caillebotis, et leur aliment dont la fabrication est gérée par informatique et la distribution automatisée [1]);

— et d’éleveurs de porcs les pieds sur terre, en plein air.

L’avocat ne remarque pas que sa confusion, masquant les concentrations industrielles, défavorise l’emploi d’éleveurs de porcs les pieds sur terre, en plein air. C’est étrange, parce qu’il semble déplorer, pourtant, le nombre amoindri d’éleveurs au sein d’une région.

Un tel raisonnement serait surprenant, s’il n’était éculé: puisque la demande de viande de porc, nous explique l’avocat, est supérieure à l’offre locale, cela fragilise le producteur local. C’est–à-dire que l’industriel vend tout son porc, mais, fragilisé de vendre tout son porc, il veut que la quantité à vendre, déjà fragilisante, soit plus conséquente.

La production de proximité est insuffisante, dit l’avocat. C’est-à-dire, voyez-vous ça? les voisins en redemandent! C’est une idée! C’est même plus qu’une idée. Cela participe d’une tactique médiatique, occultant, auprès du public qui ne consacre son temps à lire les dossiers proposés à la consultation, l’aspect industriel d’une production, avec des éléments de langage autrement évocateurs, comme petit, exceptionnel (voyez l’article Où le mot PETIT masque GRAND, et EXCEPTIONNEL le CAILLEBOTIS), famille (voyez FAMILIAL n’est pas l’antonyme d’INDUSTRIEL), ou encore éleveur, local, et proximité.

Les caractères génétiques, des porcs produits industriellement par le GAEC en question, ne semblent absolument pas locaux: ils seraient plutôt liés au programme d’auto-renouvellement de la Pig Improvement Company (PIC), et à des verrats FH Master 16. [2] Cela n’a rien d’étonnant. «En production porcine, la spécialisation des races conduit à la quasi-disparition des races dites locales et à une standardisation de la production». En 2010, «les souches industrielles, propriété des entreprises de sélection, et les races dites “classiques” utilisées pour la sélection», auraient représenté «99,85% du cheptel» français de truies. [3]

Le premier site naisseur et engraisseur, ainsi que le second site engraisseur, appartenant à l’industrie porcine en question, sont distants de près de 43 kilomètres.

Les tourteaux de colza et de tournesol, dont seraient alimentés les porcs de caillebotis du second site engraisseur, proviendraient des huileries SAIPOL, une filiale de Lesieur [4]; ce n’est guère plus local. Quant au reste de l’alimentation dont ont besoin des milliers annuels de porcs de caillebotis, il est permis de douter que la terre locale, malgré l’industrie agricole qui y est en cours, la produise à elle seule.

Local veut pourtant dire: «Qui appartient à un lieu»; et proximité: «Voisinage d’une chose à l’égard d’une autre» (Le Nouveau Littré). Voyons-y. Si la plupart des riverains se sont opposés à l’accroissement de la production de porcs de caillebotis en un lieu, ce doit être probablement parce qu’ils jugent inutile cette production de proximité.

L’avocat semble néanmoins confondre deux parties, en prenant le désir de la première pour une demande de la seconde: l’industriel porcin qui voudrait perdre sa fragilité en vendant plus de milliers de porcs aux voisins; et la plupart des riverains qui ne veulent pas davantage de porcs de caillebotis pour voisins, et donc dans leur assiette, si tant est qu’ils aient et qu’ils sachent avoir quelquefois de la viande des porcs du caillebotis local dans leur assiette, puisque l’étiquetage est si “informant” qu’il n’a pas un mot, PAS UN SEUL, pour désigner le caillebotis où que ce soit en France. Un voisin du caillebotis masqué localement, ne peut donc demander au supermarché: «Puis-je racheter de ce merveilleux porc de caillebotis masqué, s’il vous plaît?»

Il lui aura fallu rouler plusieurs kilomètres, pour trouver un premier magasin où des produits industriels sont amplement vendus. Car ce qui est local sous la plume de l’avocat est, dans la réalité, sans étalon local. Le voisinage, pour lequel le producteur dit pourtant produire, ne pourrait manger ses milliers de porcs de caillebotis annuels. Ou bien, absorberait-il ces quantités à indigérer des ogres, en crèverait-il. Ce qui ne serait pas sans arranger l’industriel, le débarrassant du même coup de ses voisins très bêtement opposés à l’accroissement de son altruiste production de proximité, de très recherchés porcs — de caillebotis masqué. Avec guère de voisins, soit guère d’acheteurs voisins, ne devrait-il en découler la pérennité de l’industrie porcine locale? (la fragilité venant, paraît-il, est-il besoin de le rappeler? de vendre tous ses porcs — de caillebotis masqué — fort appréciés des voisins).

Les porcs ne sont pas, non plus, abattus localement. Il n’y a aucun abattoir proche du caillebotis, et les porcs ne seraient pas descendus à l’abattoir le moins éloigné, à savoir un abattoir soi-disant “montagnard” (peut-être parce qu’il serait trop difficile de descendre des tonnes de porc de caillebotis vers la “montagne” de complaisance la plus proche). Les industriels porcins ont eu exprimé vaguement que les porcs sont abattus au chef-lieu du département. [5] Voyons: les porcs seraient dès lors transportés sur près de 66,8 kilomètres, pour être abattus à l’abattoir de leur groupement de producteurs, dans une zone industrielle “montagnarde”. Bref, l’abattage ne serait pas local, mais quelques “montagnes” bidon plus loin.

Donc, si nous ne mangeons guère localement le porc de caillebotis masqué, et si, non plus, on n’abat localement le porc de caillebotis masqué, qu’y fait-on ouvertement? Le porc de caillebotis y est-il ramené pour y être transformé? Dans l’affirmative, cela monterait le trajet local, depuis le départ du site naisseur, à près de 176 kilomètres; et, dans l’affirmative encore, le voisinage s’opposerait ainsi à son propre emploi en refusant l’extension des caillebotis masqués!!? Que le monde serait fou, décidément! si le voisinage était salaisonnier ou charcutier! Or, non, ni charcutier ni salaisonnier voisin des caillebotis masqués. Les industries destinataires seraient plus loin: Unetelle [6] sur la zone industrielle près de l’abattoir “montagnard” le moins éloigné mais qui, on l’a dit, n’abat nullement les porcs en question. Soit, pour ce seul exemple, un trajet du site naisseur vers le second site engraisseur, puis vers l’abattoir, puis vers le transformateur industriel, de près de 175 kilomètres. Auquel il faut ajouter notamment le transport de la marchandise vers les lieux de vente, et d’un lieu de vente jusque chez le consommateur, en somme des CENTAINES DE KILOMÈTRES au minimum, car la production d’un transformateur industriel n’est pas essentiellement destinée à être consommée localement.

Il a semblé vain de chercher auprès des industriels porcins la mesure complète de leurs “localité” et “proximité”, soit les destinations de leur production. Leur prise de parole lors d’un conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST), signifiait plus vaguement encore une participation «à l’activité des filières locales, des abattoirs locaux, des salaisonniers». [7]

À se demander pourquoi ce genre d’exploitation, fragilisée par la vente de tout son porc à proximité, eut sa «petite taille» vantée, pour vendre des tonnes de jambon, en des langues étrangères aux locaux!? «The small scale of the units», «Dank der geringen Größe der Zuchtbetriebe», «飼育規模が小さいこと»[8] Ainsi, local paraît pour le moins devenu, au fil de la route parcourue par des milliers de porcs ou leur viande, synonyme de mondial; proximité, d’éloignement; et avocat — d’un tel méli-mélo — je vous le laisse à penser…

Reste que l’État s’est satisfait de la confusion, lui qui classa «zone défavorisée de montagne» du plat caillebotis (environnement certes très pauvre), ainsi que l’abattoir industriel (labeur certes éprouvant).

Le masque serait drôle, s’il ne recouvrait tant de tragiques intérieurs.


RÉFÉRENCES

[1] Presse spécialisée; Résumé non technique produit par un groupement de producteurs, dans le cadre d’une demande d’autorisation d’accroissement de production hors-sol; et rapport d’un commissaire-enquêteur.

[2] Presse spécialisée.

[3] Jocelyne Porcher et Tiphaine Schmitt, «Les vaches collaborent-elles au travail?», Revue du MAUSS, 2010/1, n° 35, pages 235-261.

[4] Rapport d’un commissaire-enquêteur.

[5] Idem.

[6] Idem.

[7] Compte-rendu officiel d’un CODERST.

[8] Publicité via l’Internet, 2014.


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dimanche 17 mai 2015

Quels droits pour les animaux?

Jean-Marc Neumann et Cristel Simler enseigneront le droit animal à l’université de Strasbourg, à partir d’octobre 2015. Il s’agit d’apprendre entre autres quelles sont les “règles applicables aux animaux”, afin de leur assurer “une protection plus efficace”, notamment dans les exploitations animales.

“Les participants seront amenés à réfléchir aux questions éthiques que pose la souffrance animale et à la réponse que peut apporter la loi censée concilier des intérêts parfois contradictoires”, peut-on lire sur le site web Animal et droit.

Il devrait y avoir “sous peu un diplôme entièrement dédié au droit animal”, nous indique par ailleurs Jean-Marc Neumann.

Pour plus d’informations » Cours de droit animal / Master 2 Éthique et société / CEERE / Université de Strasbourg

vendredi 15 mai 2015

L’étrange subvention à la surproduction porcine

La surproduction industrielle de porcs de caillebotis est aidée depuis des années. Récemment, la Commission européenne a encore décidé de faire participer les contribuables — dont l’avis n’est pas demandé — à l’énième financement du stockage privé de viande de porc de l’Union européenne, «afin d’alléger la pression sur le marché» [1]. Étrange, non? Le contribuable n’est pas responsable de la surproduction; il est même, ici ou là, fermement opposé à l’accroissement de la surproduction locale de milliers de porcs; pourtant, il lui est demandé de payer pour — peut-être — remonter quelque peu le prix de la viande surabondante!

«Therefore, for the time being, the EU Commission is very cautious and sceptical about the outcomes of an APS scheme now.»
La Commission européenne, le 28 octobre 2014.

Le 28 octobre 2014, un «groupe de dialogue» à propos des viandes porcines se réunit à Bruxelles. De l’argent est demandé pour faire face, dans un contexte d’embargo russe, à une situation de «crise», et un participant suggère de réguler le marché par la destruction d’une quantité de viandes. Le représentant de la Commission européenne répond en substance qu’il n’est pas acceptable que des porcs soient produits puis détruits, [2] et, pour ce qui est d’accorder de l’argent, il rappelle que depuis 1993, l’aide au stockage privé a été mise en œuvre huit fois, la dernière en 2011, selon des critères auxquels la crise actuelle ne correspond pas. La Commission paraît donc considérer que l’aide au stockage privé n’est pas une bonne solution pour sortir de la surproduction porcine. [3]

Cette aide au stockage privé a eu, par le passé, un coût relativement élevé à cause des quantités impliquées. Quelques exemples. Entre septembre 1998 et septembre 1999, les demandes d’aide au stockage ont concerné 55.000 tonnes pour la France, et 430.000 pour l’ensemble des États membres de l’Union européenne. [4] Plus tard, entre décembre 2002 et février 2003, les demandes ont concerné 13.000 tonnes pour la France, et 111.000 pour l’Union européenne; cependant les cours du porc ont continué à chuter en Europe; nonobstant, l’aide au stockage privé a été renouvelée entre décembre 2003 et février 2004, concernant cette fois 7.980 tonnes pour la France, et 90.000 pour l’Union européenne. [5] Quant au coût de l’aide au stockage privé, en 2011, de 140.000 tonnes, il a été de soixante-trois millions d’euros. [6]

En décembre 2014, il transparaît à nouveau que l’embargo russe n’est pas responsable à lui seul de la surproduction; qu’une surproduction structurelle, dans certains États membres de l’Union européenne, est, elle aussi, responsable de la situation d’exploitants porcins. [7]

Or, patatras! il apparaît le 24 février 2015 que la Commission a cédé aux surproducteurs: le stockage privé sera à nouveau aidé «afin d’alléger la pression sur le marché». La raison invoquée est la suivante: «l’effet conjugué de l’embargo russe et de l’augmentation de la production au sein de l’Union européenne» fait chuter les prix «sur tous les marchés européens». Soit, jusque-là, rien de bien nouveau dans le discours.

La nouveauté est ici: le représentant de la Commission estime désormais, tandis que «les agriculteurs» sont dits «confrontés à de graves problèmes de liquidités», que l’aide «au stockage privé est l’outil le plus efficace dont nous disposons pour remédier à la situation difficile du marché». [8] Fini, donc, le scepticisme face à l’option de l’aide au stockage privé. Le contribuable va participer à retirer une quantité considérable de viandes du marché, dans le but incertain de faire remonter le prix de la viande de porc; il est donc imposé pour acheter à un prix peut-être un peu moins bas sa viande — si tant est qu’il veuille en manger.

Pour autant, l’embargo russe reste une justification fumeuse de l’imposition du contribuable. Souvenons-nous, d’abord. Nombre de ventes sur le marché russe, avant l’embargo, avaient été liées à «l’octroi ou non de restitutions par la Commission européenne qui [faisait] souvent suite à la mise en place d’une opération de stockage privé quelques mois auparavant.» [9] FranceAgriMer expliquait en 2013 que ces aides au stockage privé avaient servi «jusqu’à une période récente» à congeler essentiellement des tonnes de demi-carcasses. «Une majeure partie de celles-ci, au moment de leur remise sur le marché, [était] expédiée vers la Russie à l’aide de restitutions.» [10] Quant à l’avenir, la «Russie espère devenir autosuffisante en viande de porc à l’horizon 2020.» [11]

«L’embargo russe a bon dos», résume le 12 mars 2015 la Confédération Paysanne, «car apparemment d’autres marchés export ont compensé». [12] En effet, les ministères du commerce extérieur et de l’agriculture, ainsi que Business France, FranceAgriMer et des fédérations professionnelles, ont prospecté, à l’intention de producteurs français, des marchés de remplacement du marché russe. [13]

Dès le 6 mars, la Commission elle-même a reconnu «que les opérateurs ont agi pour trouver d’autres marchés à la plupart des produits». Dès lors, ce qui est mis en exergue par la Commission pour expliquer «la longue pression sur les  marges» des producteurs, ce sont les investissements importants qu’ils ont déjà réalisés «afin de répondre aux nouvelles règles européennes de protection des animaux». [14] (Nouvelles, ces règles? vraiment?!…)

Quels sont, depuis le 9 mars 2015, les États d’où ont émané le plus de demandes d’aide au stockage privé? Ce sont le Danemark, l’Espagne, l’Allemagne, la Pologne, l’Italie, les Pays-Bas, puis la France, comme le figure le graphique ci-dessous. [15]


Il ne semble pas y avoir de limite maximale à l’aide des contribuables, alors qu’il y en a une minimale: un lot de stockage doit peser «au moins 10 tonnes pour la viande désossée et au moins 15 tonnes pour la viande avec os»; la «quantité minimale recommandée au titre d’une journée» d’opération de congélation étant fixée à 1,5 tonnes pour la viande désossée, et à 2 tonnes pour la viande avec os. [16] Autrement dit, l’aide, dont le montant varie entre 210 et 305€ par tonne selon la catégorie de produits et la durée du stockage, [17] paraît bénéficier aux plus grands surproducteurs porcins. Elle coûtera donc cette fois, selon les chiffres dont on dispose à l’heure où j’écris ces lignes, plus de dix-sept millions d’euros. [18]

Et ce quoique le 24 mars 2015, l’Eurogroup for Animals, CIWF, PROVIEH, le BEE et l’EPHA, aient écrit au commissaire européen à l’agriculture Phil Hogan, pour lui demander la cessation de l’aide au stockage privé, jugeant inacceptable que l’impôt serve à cela. «Le secteur porcin sait qu’il prend un risque commercial quand il surproduit, aussi l’argent public ne doit-il pas être utilisé pour l’aider quand il rencontre des difficultés [19]

Mais l’aide est maintenue. Et pensez-vous que les surproducteurs porcins en soient satisfaits? Non, à en croire la réaction du COPA-COGECA [20], qui regrette que la graisse, notamment, ne soit pas concernée par l’aide au stockage et redemande une subvention, le 14 avril 2015, pour sa transformation en combustible. [21]

Or, bien qu’elle soit jugée insuffisante, l’aide du contribuable est d’autant plus regrettable que beaucoup de producteurs intensifs, depuis 12 ans, ne respectent pas la législation pour le bien-être animal. «Il semble qu’au moins 90% des porcs de l’Union européenne aient la queue coupée malgré l’interdiction de la section routinière des queues. Qu’au moins 80% des porcs de l’Union européenne n’aient pas accès à des matériaux d’enrichissement suffisants» dans leur case, tels que de la paille, du foin, &c. «Les enquêtes de CIWF et de nombreuses photographies faites, par nos partenaires, dans différents pays membres de l’Union européenne, suggèrent que ces chiffres, vraisemblablement, sont encore plus élevés.» [22]

Et dire qu’en 2010, le directeur de la législation agricole, à la Commission européenne, considérait que c’était «une obligation» de fournir aux porcs «un certain nombre de produits consommables ou renouvelables»! Cela faisait, assurait-il, «l’objet de contrôles par les services vétérinaires lors de leurs inspections»! Aussi justifiait-il que le «relèvement du plafond de l’aide relative aux installations porcines ne [pourrait] que contribuer à un meilleur respect de la réglementation»[23]

Ce n’est donc pas faute d’argent public consacré, en France, à la «mise aux normes» des exploitations hors-sol. Ainsi, le «plan de modernisation des bâtiments d’élevage» a concerné depuis 2008 les hors-sol et visé entre autres, nous avait-on dit, «à favoriser l’introduction […] de pratiques d’élevage plus respectueuses du bien-être et de l’hygiène des animaux ainsi que de l’environnement». [24] Une aideparmi d’autres déjà évoquées [25] — ayant pu être majorée en «zone de montagne» [26] (qu’on sait pouvoir n’être pas vraiment située à la montagne). Entre autres subventions, on remarquera également les vingt-cinq millions d’euros réservés, pour 2012, à la «mise aux normes» concernant les truies gestantes: la production porcine obtenait, paraissait-il, «plus de la moitié du budget des plans stratégiques multifilières». [27]

Alors, tandis que l’État n’a eu de cesse d’autoriser l’accroissement de mégaporcheries, rendant ainsi plus difficile l’adaptation de l’offre à “la demande” (si tant est que l’industriel réponde à une demande, et que le chaland ne soit conçu qu’afin d’absorber l’offre); tandis que de l’argent public a été sollicité pour promouvoir [28] du produit de mégaporcheries, vendu sous un enjoliveur d’homogénéité industrielle et de vague origine; une question se pose: à combien monterait la subvention à la surproduction porcine quand, grâce à un traité de libre-échange transatlantique, [29] il proviendrait d’Amérique du Nord à peu près autant de viande de porc que ce qui, actuellement, est stocké aux frais du contribuable?


RÉFÉRENCES

[1] Commission européenne, Commission launches Private Storage Aid for pigmeat to stimulate EU pig market recovery, en date du 24 février 2015.

[2] Communication personnelle d’Anne Vonesch, qui venait de participer à la réunion.

[3] Compte-rendu officiel, Minutes of the Civil Dialogue Group on Animal Products Sector “Pig Meat” le 28 octobre 2014 à Bruxelles. On peut notamment lire: «Therefore, for the time being, the EU Commission is very cautious and sceptical about the outcomes of an APS scheme now.»

[4] Ministère de l’agriculture et de la pêche, direction des affaires financières et de la logistique, SDAB/BECPA, La viande porcine, mise à jour en date de février 2006, page 6.

[5] Idem, page 7.

[6] Communication personnelle d’Anne Vonesch, quant à la réunion du «groupe de dialogue civil» réuni à Bruxelles le 14 avril 2015.

[7] The Pig Site, Overproduction Partly to Blame for EU Pig Market Problems, en date du 19 décembre 2014. On peut notamment lire: «The Commission noted that in addition to the Russian embargo, the overproduction in some member states is also responsible of this situation.»

[8] Cf. note 1.

[9] FranceAgriMer (établissement national des produits de l’agriculture et de la mer), «Le commerce international de la viande de porc – L’Asie, moteur de la croissance?», Les synthèses de FranceAgriMer, février 2003, n° 17, élevage/viandes, page 6.

[10] Ibidem.

[11] Idem, page 10.

[12] Lettre ouverte à l’attention de M. Stéphane Le Foll, Ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, de Laurent Leray, secrétaire national en charge du pôle élevage, et Pierre Brosseau, responsable de la commission nationale porc, en date du 12 mars 2015.

[13] Réponse écrite à la question écrite du député Guillaume Chevrollier à la ministre du commerce extérieur, «sur l’embargo russe portant sur la viande porcine», publiées en date du 18 mars 2015.

[14] Commission européenne, Commission opens private storage aid for pigmeat, en date du 6 mars 2015.

[15] Commission européenne, Private storage for pigmeat 2015, Requests for private storage aid, contrats conclus, données cumulées au 30 avril 2015, préliminaires, en date du 13 mai 2015.

[16] FranceAgriMer, Cahier des charges relatif au stockage privé de viande porcine – Campagne 2015, en date du 6 mars 2015, pages 3 et 7.

[17] Commission européenne, Règlement d’exécution (UE) 2015/360 de la commission du 5 mars 2015 ouvrant une mesure de stockage privé pour la viande de porc et fixant à l’avance le montant de l’aide, page 4.

[18] Cf. note 15.

[19] Lettre au commissaire européen à l’agriculture Phil Hogan, de Philip Lymbery (CIWF), Jeremy Wates (BEE), Reineke Hameleers (Eurogroup for Animals), Nina Renshaw (EPHA), Sabine Ohm (PROVIEH), Opposition to financial support for pig sector, en date du 24 mars 2015, page 1.

[20] Comité des organisations professionnelles agricoles, et comité général de la coopération agricole, au sein de l’Union européenne.

[21] Communication personnelle d’Anne Vonesch, quant à la réunion du «groupe de dialogue civil» réuni à Bruxelles le 14 avril 2015.

[22] Cf. note 19, ibidem.

[23] Commission européenne, direction générale de l’agriculture et du développement rural, lettre du directeur de la législation agricole au secrétaire national de la fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement en charge des questions agricoles, en date du 11 novembre 2010.

[24] Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, Le plan de modernisation des bâtiments d’élevage, présentation en date du 23 novembre 2009.

[25] Cf. la lettre d’information des familles associées de Causse durable, sous le sous-titre «Une filière porcine qui n’est pas moins aidée par les contribuables». Il nous a semblé que ces aides n’étaient pas ignorées de producteurs porcins.

[26] Ministère de l’agriculture et de la pêche, Le plan de modernisation des bâtiments d’élevage, présentation non datée, page 1: «Ces taux peuvent être majorés de 10% pour des projets portés par de jeunes agriculteurs et pour des projets en zone de montagne. Le montant plafond des investissements éligibles est fixé à 90.000€ en zone de plaine pour la construction neuve, montant porté à 100.000€ en zone de montagne. Pour les projets de rénovation, ces seuils sont fixés respectivement à 60.000€ et 70.000€.»

[27] Agri49, Urgent: dépôt des dossiers mises aux normes «truies gestantes», en date du 24 avril 2012.

[28] Voir par exemple l’Évaluation à mi-parcours du PDRH, page 88 (19 du format PDF): «Bilans spécifiques de la mesure 133 en provenance des régions»: «Aquitaine (31/08/2010): 22 projets de promotion ont été introduits, dont 17 concernent l’agriculture biologique (dont 3 vins bio), les autres concernent les IGP (Jambon de Bayonne et Foie gras du Sud Ouest) et AOC (Noix du Périgord et Piment d’Espelette) pour un montant engagé éligible d’environ 1,3M d’€ et de 446.500€ de FEADER.»

[29] À lire concernant ce traité, l’excellent article d’Hélène O’Donnell: Le TAFTA, les animaux et moi.


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mercredi 29 avril 2015

COMMUNIQUÉ | Production de porcs: une nouvelle désignation pour masquer le pire?

Le caillebotis intégral sur lisier, sur lequel sont casés la plupart des porcs, est en passe d’être considéré, officiellement, comme une “Meilleure Technique Disponible” pour la protection de l’environnement. Des autorités françaises et européennes confondent ainsi le meilleur et le pire pour pérenniser un business as usual!

Le Collectif PLEIN AIR, ainsi que plusieurs organisations non gouvernementales (CIWF, France Nature Environnement…), sonnent l’alerte! Voici un DOSSIER COMPLET, afin de comprendre les tenants et les aboutissants du problème:

Collectif PLEIN AIR ❯ LE CAILLEBOTIS DANS LE “BREF” (document de référence européen).

dimanche 25 janvier 2015

PUB TROMPEUSE 1 – CONTRÔLE 0

Voici la suite de notre article Où le mot PETIT masque GRAND, et EXCEPTIONNEL le CAILLEBOTIS.

En France, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) est censée veiller à la composition et à l’étiquetage des produits alimentaires. “En matière de produits sous signes de qualité et de l’origine, elle exerce un contrôle de ces produits sur le marché pour en vérifier la conformité et VÉRIFIE LA LOYAUTÉ DE LA COMMUNICATION RÉALISÉE” [1]. Ah bon?

Contactée par le Collectif PLEIN AIR, la DGCCRF estime que le consortium du “Jambon de Bayonne” regroupe “des structures de production modestes et des structures plus importantes”. Pour autant, la publicité vantant “la petite taille des élevages” ne paraît pas déranger la DGCCRF, qui, en outre, justifie ainsi l’usage de la mention de “conditions d’élevage exceptionnelles”: le cahier des charges “impose des critères de sélection”. Et la DGCCRF de donner en guise d’exemple: des “carcasses d’animaux nourris durant l’engraissement avec un aliment concernant au moins 60% de céréales, issues et pois avec un minimum de 50% de céréales et issues de céréales” (sic) [2].

Sauf que, n’est-ce pas franchement étrange de confondre l’aliment — dont le critère est assez vague, au demeurant, — avec l’ensemble “des conditions d’élevage exceptionnelles”? Non, si nous regardons la fiche Jambon de Bayonne sur le site web de l’INAO, où le SEUL CRITÈRE spécifié du “mode de production”, concernant l’élevage, est celui-ci: “Porcs charcutiers engraissés avec un aliment contenant au moins 60% de céréales, issues de céréales et pois”. C’est tout de même excessivement court, pour justifier la publicité de conditions exceptionnelles… n’est-ce pas?

Mais voyez donc! Le peu de clairvoyance de la DGCCRF resplendira, mis à côté du courage, un peu plus élevé, de l’institut national de l’origine et de la qualité (INAO).

L’INAO, qui est un établissement public administratif, considère qu’en “l’absence de disposition dans le cahier des charges de l’IGP "Jambon de Bayonne", la taille des élevages n’est pas limitée et certains élevages […] ne peuvent pas être considérés comme de "petite taille". De ce fait, nous allons nous rapprocher de l’ODG [organisme de défense et de gestion “Consortium du Jambon de Bayonne”] de manière à ce que les modifications nécessaires soient apportées au site internet” [3]. La mention de “conditions d’élevage exceptionnelles”, elle, n’interpelle pas l’INAO.

Enfin, comble du courage ou débordée, la direction générale de l’alimentation (DGAL), également contactée, n’a toujours pas répondu…

Reste qu’encore aujourd’hui, alors que je finis de rédiger cet article, la publicité de “la petite taille des élevages” perdure, à la page une qualité certifiée

Bref, si le consommateur n’est pas pris pour dupe, je vous le demande, pour qui le prend-on? Et l’animal? l’animal dans tout ça?


Références

[1] Ministère de l’agriculture, Les modes officiels de valorisation des produits agroalimentaires, page 4 du PDF.

[2] Courriel en date du 7 janvier 2015 au Collectif PLEIN AIR.

[3] Courrier en date du 5 janvier 2015 au Collectif PLEIN AIR.

jeudi 22 janvier 2015

“Nouveau” semblant de consultation du public via l’Internet

La préfecture de l’Aveyron appelle, via son site web, à participer à la consultation d’une demande d’enregistrement pour l’augmentation des effectifs porcins à Cabanes, près Gramond, présentée par l’EARL Devals.

La demande d’enregistrement que la préfecture a publiée sur son site web est censée contenir, selon l’article R512-46-3 du Code de l’environnement, une description du projet.

Or nous constatons une fois de plus qu’il n’y a PAS D’INFORMATION, quoique la préfecture doive disposer de celle-ci, sur les conditions d’engraissement (caillebotis ? litière ? accès à un parcours extérieur ?…), la provenance et la nature des aliments, le stockage du fumier et/ou du lisier (fosse couverte ? non couverte ?…), la quantité à épandre, la façon et les lieux d’épandage, les signes officiels ou non sous lesquels il est projeté de vendre la viande, &c.

Cette absence d’information ne constitue pas une description du projet et, partant, ne permet d’observer ni, ainsi, de formuler raisonnablement la moindre observation sur un projet censé être soumis à la consultation du public via l’Internet.

Ceci est d’autant plus regrettable s’il s’agit d’un projet de porcherie de haute qualité environnementale (HQE), qui est tellement rare, concernant la diminution du mal-être animal et le respect de l’environnement, qu’une description du projet eût été exemplaire.

mercredi 14 janvier 2015

COMMUNIQUÉ | Déni de démocratie: la préfecture récidive

Malgré la forte opposition, exprimée depuis 2012, au projet d’accroissement de la porcherie de la Sanguinette, la préfecture de l’Aveyron a encore affirmé au tribunal administratif de Toulouse, le 22 décembre 2014, que “l’opposition au projet n’était […] pas claire” [1].

Or, selon des chiffres ridiculement petits que la préfecture a elle-même retenus, mais qu’elle ne sait bizarrement additionner, il y eut au bas mot 65% d’opposition [2]. Est-on à ce point aveuglé, à la préfecture, pour qu’on n’y voie clairement cette opposition?

L’obscurantisme, qui passerait à l’insu des habitants si nous n’étions vigilants, est simplement INADMISSIBLE de la part de la préfecture. La récidive encore plus. Cette profonde malhonnêteté envers les nombreux habitants, qui ont fait leur devoir de citoyens lors de la consultation publique, qui ont pétitionné, qui ont manifesté, a assez duré.


Références

[1] Préfecture de l’Aveyron, direction de la coordination des actions et des moyens de l’État, service de la coordination des actions de l’État, bureau de la vie économique et des activités réglementées, Mémoire en réponse adressé au président du tribunal administratif de Toulouse, en date du 22 décembre 2014, page 3, § “Sur la présentation objective et proportionnée des faits”.

[2] Voyez le détail des chiffres officiels dans l’article Où la clarté est une question d’addition que l’État ne fait pas, daté du 5 novembre 2013.